L’ancien partenaire de Nissan laissé à l’écart par la fusion Renault-Fiat

Tokyo (AFP) – Nissan, partenaire de longue date de Renault, est laissé de côté par un éventuel rapprochement entre le groupe français et Fiat-Chrysler, au moment même où le groupe japonais assiégé se bat pour se remettre de l’arrestation de l’ancien président Carlos Ghosn

“C’est un plan mal pensé et mal conçu”, a déclaré une source proche de Nissan, qui ne souhaitait pas être identifiée, en réponse à la proposition de fusion “50/50” de Fiat-Chrysler qui pourrait potentiellement créer le troisième

C’est une pilule amère à avaler pour Nissan, qui a semblé être complètement laissé dans l’ignorance du projet et qui se bat déjà contre la chute des ventes en raison des dommages causés à la réputation par la chute de Ghosn, qui porte des accusations de mauvaise conduite financière.

Dans les coulisses de la firme basée à Yokohama, les gens pensent que cela pourrait nuire davantage aux relations avec Renault, qui préconise déjà une fusion formelle du couple contre le souhait de Nissan.

“Nissan semble être tenu à l’écart de la boucle, ce qui est désagréable pour Nissan et pourrait créer une méfiance inutile envers Renault parmi ses collaborateurs”, a déclaré à l’AFP Satoru Takada, analyste chez TIW, une société de conseil et de conseil basée à Tokyo.

Le chef de la direction de Nissan, Hiroto Saikawa, a déclaré lundi à la presse qu’il était “ouvert aux discussions constructives pour renforcer l’alliance” et que le sujet sera sûrement abordé lors d’une réunion mercredi avec le chef de Renault, Jean-Dominique Senard.

Nissan et Renault, dont les sièges sociaux sont distants de 10 000 km et dont les histoires et les cultures sont très différentes, ont toujours été considérés comme des amis improbables et Ghosn a joué un rôle déterminant dans la consolidation de l’alliance.

Après sa chute après une enquête menée par Nissan, la colle qui les unissait depuis 1999 a été retirée et les relations se sont rapidement détériorées.

“La priorité absolue de Renault est désormais FCA”, a déclaré Takada.

“Pour Nissan, la fusion spéculée n’est pas un plus. Avec la fusion, la position de Nissan dans l’alliance serait relativement réduite et son indépendance pourrait être entachée d’un vice.”

L’offre de Fiat, que Renault étudie “avec intérêt”, montre à son partenaire japonais qu’elle “n’est plus aussi importante à ses yeux”, la reléguant à la troisième place, selon Christopher Richter, analyste chez CLSA à Tokyo.

– ‘Bloc important’ –

Toutefois, selon une source bien informée, “la porte est ouverte” permettant à Nissan de rejoindre le partenariat, malgré le récent repli des chiffres de vente.

“Nissan est toujours un bloc important dans leur casse-tête, compte tenu de sa bonne couverture de la Chine, où ni Renault ni le FCA ne sont forts”, a déclaré un analyste du secteur automobile qui a demandé à rester anonyme.

Nissan associe également à la fête son partenaire japonais Mitsubishi Motors, qui est fortement implanté en Asie du Sud-Est.

Si toutes les entreprises étaient réunies, elles produiraient près de 16 millions de voitures par an, loin devant Toyota et Volkswagen, qui en vendent environ 10,6 millions.

Et dans tous les cas, après 20 ans, Nissan est trop étroitement associé à Renault pour envisager un divorce, peu importe la qualité de la relation.

“Il y a trop de projets communs”, a déclaré une source proche de la firme japonaise.

“L’alliance dans sa forme actuelle ne peut être vaincue, elle est déjà irréversible.”

Les investisseurs n’ont toutefois pas semblé se réjouir de la nouvelle. Alors que les actions de Renault et de Fiat ont grimpé en flèche, les actions de Nissan ayant grimpé de 13% à 18%, le titre de Nissan a enregistré une hausse modérée de plus de 1%.