L’Italie tourne le dos au gaz russe

De nouvelles découvertes de gaz naturel dans l’est de la Méditerranée pourraient être un avantage pour les efforts de l’Union européenne visant à se libérer de la dépendance énergétique russe.

Le 28 février, le géant américain de l’énergie, ExxonMobil, a annoncé la découverte de gaz naturel au large de la côte sud-ouest de Chypre (Exxonmobil.com, 28 février 2008).

D’ici la fin de l’année, les gouvernements italien, grec, chypriote et israélien devraient signer un accord multilatéral portant sur la construction du gazoduc EastMed, qui promet d’amener une mine de gaz naturel en Europe (Edison.it, consulté le 4 mars).

Le projet de corridor gazier EastMed devrait coûter 7 milliards de dollars et est soutenu par la Commission européenne.

Les critiques disent cependant que le projet est trop coûteux et qu’il se heurte à de sérieux problèmes techniques (Cyprus Mail, 13 février 2019; Bruegel.org, 10 mai 2017).

Pour leur part, les Égyptiens soulignent que l’initiative EastMed en est encore au stade des études de faisabilité – un processus qui prendra plusieurs années – et que l’Égypte pourrait réexporter le gaz naturel de la région vers l’Europe en utilisant maintenant

En effet, l’Égypte se dirige déjà dans cette direction.

Il est intéressant de noter que le vice-Premier ministre italien Matteo Salvini, le fabricant du roi du gouvernement de coalition fractionné dirigé par le mouvement anti-établissement Five Star et le parti nationaliste de la Ligue, soutient le gazoduc EastMed (Startmag, 13 décembre 2018).

L’UE a pour objectif de diversifier les importations de gaz hors de Russie avec l’aide de EastMed et de TAP, en plus d’autres projets de transit d’énergie.

Mais d’autres problèmes risquent de nuire aux relations entre le dirigeant italien et Moscou.

Le vice-Premier ministre italien tente également de construire un axe politique au Parlement européen avec l’ailier droit Jaros? Aw Kaczy? Ski, chef du parti au pouvoir du parti de la loi et de la justice en Pologne, critique acharné de la Russie de Poutine de factoLe président Nicolás Maduro, allié de la Russie en Amérique latine (Il Giornale, 4 février).

Moscou a publiquement gardé le silence sur les récents mouvements et déclarations de Salvini, notamment en ce qui concerne l’exploitation du gaz naturel dans la Méditerranée orientale.

Le producteur national italien de pétrole et de gaz, ENI, leader dans l’exploitation du gisement de gaz géant de Zohr, a déjà avancé l’idée de transformer l’Égypte en une plaque tournante pour acheminer le gaz local, israélien et chypriote en Europe (voir EDM, 10 avril 2007).

Alors que l’Italie cherche à rehausser son profil énergétique, elle s’aligne également sur les États-Unis et certains pays d’Europe centrale et orientale contre Nord Stream Two, le projet de gazoduc visant à doubler le conduit de gaz naturel préexistant sous la mer Baltique et reliant la Russie à l’Allemagne.

Salvini a construit sa marque politique sur la promesse de protéger l’intérêt national de l’Italie.

Par la Fondation Jamestown