La décision Trump met en péril la liste de voeux énergétique de 200 milliards de dollars de l’Iran

Alors que Donald Trump est sur le point d’annoncer aujourd’hui la décision de réimposer les sanctions américaines à l’Iran, membre de l’OPEP, 200 milliards de dollars d’accords potentiels sur l’énergie sont en jeu.

C’est l’investissement dont l’Iran a besoin dans le pétrole, le gaz naturel et la pétrochimie, a déclaré le ministre du Pétrole, Bijan Namdar Zanganeh.

Depuis que les sanctions ont été assouplies à compter de janvier 2016, Total SA a été la seule grande entreprise énergétique occidentale à investir en Iran, s’engageant à dépenser 1 milliard de dollars sur le gigantesque champ gazier de South Pars. Le directeur général, Patrick Pouyanne, déclare que Total se retirera du projet s’il ne bénéficie pas d’une dérogation. Total soutiendrait que le gaz est destiné à la consommation locale plutôt qu’à l’exportation. Si elle partait, son partenaire minoritaire China National Petroleum Corp. prendrait le contrôle de Total, selon le chef de la compagnie pétrolière d’Etat iranienne.

Voici trois graphiques pour montrer comment les industries pétrolières, gazières et pétrochimiques de l’Iran se sont développées même sans beaucoup d’investissement extérieur.

Retour vers le futur

Les exportations de pétrole brut de l’Iran reviennent aux niveaux de 2008

Sources: Bloomberg, Joint Organizations Data Initiative

Note: Moyennes annuelles

La production brute et les exportations ont baissé après que les puissances mondiales ont renforcé les sanctions imposées à l’Iran sur son programme nucléaire en 2012. Elles ont rebondi après que les freins aient été assouplis en 2016.

Excédent de gaz

La production de gaz naturel a augmenté avec le développement du champ géant South Pars

Source: Revue statistique de BP sur l’énergie mondiale; Bloomberg

Note: les données de production 2017 et 2018 du ministère iranien du pétrole; demande fondée sur les projections de l’Institut iranien d’études énergétiques internationales

La production et la consommation de gaz ont augmenté chaque année depuis au moins 2012. Selon les données de BP Plc, l’Iran occupe les plus grandes réserves mondiales de gaz. Le pays utilise le combustible au niveau national et le réinjecte également dans les champs pétrolifères pour stimuler la production des réservoirs vieillissants.

Succès pétrochimiques

L’exportation de sous-produits pétroliers plus rentables est en hausse depuis 2013

Source: Agence de presse NIPNA de National Petrochemical Co.

Note: La période est l’année civile iranienne, qui se termine le 21 mars

Les exportations pétrochimiques iraniennes – y compris l’éthylène, le méthanol et les engrais – ont presque doublé depuis 2013. Avec une production totale de 53,6 millions de tonnes sur les 12 mois clos le 21 mars, la production totale du pays est inférieure aux 71,2 millions de tonnes produites en 2017 par Saudi Basic Industries Corp., la plus grande des sociétés pétrochimiques du royaume.

– Avec l’aide d’Arsalan Shahla et de François De Beaupuy