Un ministre suisse minimise la date butoir fixée à la mi-octobre pour la conclusion d’un traité avec l’UE

ZURICH (Reuters) – La ministre des Transports suisse, Doris Leuthard, a critiqué le délai imparti par la Commission européenne à la mi-octobre pour conclure un accord sur un nouveau traité renforçant les liens avec le plus grand partenaire commercial de la Suisse.

“Nous n’avons aucune pression sur le temps”, a déclaré le ministre pro-européen qui démissionnera à la fin de l’année au journal Finanz und Wirtschaft dans une interview publiée jeudi à la demande du jour de l’accord de Bruxelles, fixé au 15 octobre.

“Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, est en poste jusqu’en mai 2019. Il serait bien sûr souhaitable de conclure un traité avant cette date. Nous espérons toujours trouver une solution cette année”, a-t-elle déclaré.

Les négociations durent depuis plus de quatre ans sur un traité réclamé par Bruxelles, compliqué par les négociations séparées de la Grande-Bretagne sur les conditions de divorce par l’Union européenne et par le désaccord sur les règles suisses pour protéger les hauts salaires.

Leuthard, qui avait aidé à resserrer les liens avec l’Union européenne lorsqu’elle était présidente suisse en 2016, a refusé de s’en tenir aux règles du travail que les syndicats et les petites entreprises défendaient afin d’empêcher les travailleurs étrangers transfrontaliers, comme les plombiers et les électriciens, de réduire le salaire suisse.

“Nous acceptons le principe de la libre circulation des personnes (de l’UE) mais insistons pour que des règles nationales concernant les conditions de travail soient établies”, a-t-elle déclaré. “Nous avons un système de sécurité sociale différent de celui de l’Europe … Notre intention est de rester ferme et de compter sur les concessions de l’UE.”

Bruxelles a intensifié les pressions sur la Suisse non membre pour qu’elle adopte un pacte centré sur un patchwork de 120 accords sectoriels et invite la Suisse à adopter régulièrement des modifications aux règles du marché unique.

Le traité fournirait également une plate-forme plus efficace pour résoudre les différends. Il serait axé sur cinq domaines liés au marché unique: la libre circulation des personnes, l’aviation civile, les transports terrestres, la reconnaissance mutuelle des normes industrielles et les produits agricoles transformés.

Si les négociations en vue d’un traité échouaient, les accords sectoriels resteraient en vigueur, mais les relations bilatérales entreraient dans un gel profond.

Si nous ne parvenons pas à un accord, l’accès de la Suisse au marché unique ne sera pas augmenté, ce qui réduira à néant l’espoir d’un nouveau syndicat de l’électricité. Cela pourrait également mettre en péril l’accès sans entrave du marché européen aux fabricants suisses de produits tels que les dispositifs médicaux.

Bruxelles a menacé de ne pas prolonger au-delà de cette année la reconnaissance des règles boursières suisses autorisant les transactions transfrontalières, ce qui pourrait déclencher une escalade parfaite.

(Reportage de Michael Shields, édité par John Miller)