Glencore obtient une assignation aux États-Unis sur le respect des lois sur le blanchiment d’argent

Par Julia Payne et Zandi Shabalala

LONDRES (Reuters) – Les autorités américaines ont demandé à la branche américaine de Glencore Plc & gt; GLEN.L & gt; remettre des documents relatifs à ses activités au Nigéria, en République démocratique du Congo et au Venezuela, en faisant chuter les actions de la société mère de plus de 10%.

Le négociant en marchandises et le mineur basés en Suisse ont reçu une assignation du ministère de la Justice des États-Unis demandant des documents et des dossiers sur le respect de la Foreign Corrupt Practices Act et des lois américaines sur le blanchiment d’argent.

Les actions de Glencore, important exportateur de pétrole brut nigérian et vénézuélien, ont chuté de 13%, leur chute la plus importante depuis plus de deux ans. Ils étaient en baisse de 7,6% à 322,80 pence à 1222 GMT.

La société a été le principal perdant de l’indice British bluechip.

Les documents demandés à la filiale Glencore Ltd portent sur les activités du groupe dans les trois pays depuis 2007 jusqu’à présent, a indiqué M. Glencore, ajoutant qu’il examinait l’assignation.

Aux États-Unis, la loi sur les pratiques de corruption à l’étranger érige en infraction pénale le fait pour les entreprises de soudoyer des fonctionnaires étrangers pour gagner des marchés.

Les analystes de Barclays et du Credit Suisse ont estimé que la baisse du cours des actions était plus forte que justifiée.

“De notre point de vue, bien qu’il s’agisse clairement d’un facteur de risque, nous soulignons que ces types de demandes sont plus fréquents que ne le suggère la chute agressive du cours de l’action Glencore”, note le Credit Suisse.

Jefferies a abaissé son prix cible pour Glencore mais a maintenu sa note d’achat.

“Les nouvelles d’aujourd’hui concernant une assignation des Etats-Unis augmentent le risque géopolitique sur les actions de Glencore, même s’il n’y a pas de frais contre la société à la fin”, ont écrit les analystes de la société de services financiers.

Glencore représente plus du quart de la production mondiale de cobalt, dont la plus grande partie provient du Congo, qui est à l’origine d’environ 60% des approvisionnements mondiaux.

Jefferies a déclaré que le Congo représente environ 25% de la valeur actuelle nette de Glencore, tandis que les analystes ont déclaré que la contribution du Venezuela au résultat net était plus faible.

Washington a infligé des sanctions à 13 “auteurs de violations des droits de l’homme et acteurs corrompus” en décembre dernier, dont le milliardaire israélien Dan Gertler, ancien partenaire de Glencore en RDC et ami proche du président congolais.

Glencore a déclaré le mois dernier qu’il avait accepté de payer les redevances de Gertler qu’il devait encore en euros au lieu de dollars américains après les menaces de litige.

En mai, Bloomberg a rapporté que le Serious Fraud Office britannique enquêtait sur les activités de Glencore en RDC.

Par ailleurs, le ministère américain de la Justice a enquêté sur des complots de pots-de-vin impliquant des paiements à PDVSA, compagnie pétrolière étatique vénézuélienne, et a accusé cinq personnes l’année dernière.

Washington a également ajouté progressivement des individus proches du président vénézuélien Nicolas Maduro à sa liste de sanctions et a pesé des pénalités plus larges pour frapper l’industrie pétrolière du pays de l’OPEP.

Le fondateur de Glencore, Marc Rich, a été inculpé en 1983 pour avoir exploité l’embargo américain contre l’Iran, l’évasion fiscale, la fraude et le racket. Il s’est enfui en Suisse, où il est resté un fugitif poursuivi par le ministère de la Justice jusqu’à ce qu’il soit gracié par le président de l’époque Bill Clinton en 2001.

(Reportage de Julia Payne et Zandile Shabalala, Reportage additionnel par Arathy Nair à Bengaluru, édité par Dale Hudson)