L’actionnaire de Thyssenkrupp critique le PDG, demande une restructuration

© Reuters. Un logo de ThyssenKrupp AG est photographié devant leur siège à Essen

FRANCFORT (Reuters) – Un actionnaire important de Thyssenkrupp (DE: TKAG) a reproché au directeur général, Heinrich Hiesinger, de ne pas avoir atteint ses objectifs de profit, ce qui a soulevé des tensions avant la réunion annuelle du groupe industriel allemand vendredi prochain.

L’investisseur suédois Cevian a réitéré son appel à la restructuration de Thyssenkrupp, dans laquelle il contrôle une participation de 18%, contestant ainsi le projet de Hiesinger de fusionner son activité sidérurgique avec celle de Tata Steel (NS: TISC) en Inde.

“Thyssenkrupp ne se développe pas comme prévu, il faut que quelque chose change dans la structure de l’entreprise”, a déclaré Lars Foerberg, cofondateur de Cevian, à la Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung.

Dans des extraits de l’interview publiés avant la publication dimanche, M. Foerberg a reproché à M. Hiesinger ses plans à long terme visant à atteindre des marges d’exploitation de 6 à 7% dans les activités non liées à l’acier de Thyssenkrupp.

«Même aujourd’hui, l’entreprise n’atteint toujours que la moitié de sa marge bénéficiaire, ce qui est tout simplement insuffisant», a déclaré M. Foerberg au journal.

Il n’a pas donné de réponse directe à la question de savoir si Hiesinger devait démissionner, mais a déclaré: “Si une stratégie n’atteint pas l’objectif souhaité, il faut le changer, nous l’attendons des conseils d’administration et de surveillance de Thyssenkrupp.”

Cevian a affronté Thyssenkrupp pour la dernière fois après la publication en novembre de ses résultats du troisième trimestre, qui montrent que l’entreprise atteint son plus haut niveau de commandes en cinq ans en développant ses activités «intelligentes» dans les ascenseurs et l’automobile.

Tout en faisant face à la critique des investisseurs selon laquelle la structure du conglomérat de Thyssenkrupp est dépassée, Hiesinger a également cherché à apaiser une main-d’œuvre syndiquée craignant les pertes d’emplois qui pourraient découler de la fusion de l’acier.

La direction et les travailleurs de Thyssenkrupp ont finalement conclu un accord en décembre pour sécuriser les aciéries et les emplois, ce qui constitue une étape majeure dans la réalisation d’une fusion qui créera le deuxième groupe sidérurgique européen après Arcelormittal (AS: MT).